Voici maintenant venue l’heure de l’épreuve orale, qui se décompose en 2 parties :

  • L’étude d’un dossier scientifique remis avant l’épreuve : durée 2h15
     
  • Une présentation orale de 40 min, qui comporte elle-même 2 parties de 20 min :
        o Analyse, synthèse et critique du dossier scientifique (partie D)
        o La présentation de votre travail, préparé pendant l’année, qui a conduit à la fiche synoptique (partie C)

L’ordre de succession des deux parties est laissé au choix du candidat.

Quelques conseils pour l’Analyse de Document Scientifique (ADS)

On vous dira que l’ADS n’est pas une contraction de texte ; non, mais ça y ressemble quand même. Voici une méthode possible pour rentabiliser au mieux les 2 heures et quart dont vous disposez. La longueur et la "densité scientifique" des textes est plus ou moins variable. Comptez 8 à 16 pages, page initiale et annexes éventuelles comprises, de niveau scientifique plutôt élevé.

Comment s’y prendre ?

► Diviser le temps de préparation en plusieurs phases :

  • 5 minutes à lire la première page : le titre (très important) et ce que l’on vous demande de faire : sur un long texte, on peut vous proposer de n’en étudier qu’une partie.
  • En une petite heure, Stabilo en main, vous extrayez du texte la substantifique moelle.
  • En une grosse heure, vous préparez 5 transparents(ou 6 ou 7, mais pas moins de 5), avec éventuellement un transparent supplémentaire, l’astuce du transparent que l’on garde sous le coude.

► Ne perdez pas de temps à recopier les figures.

Si vous pensez utile de recopier un schéma, soyez sommaire : le jury sais trop que le temps est compté, il ne fera aucune remarque sur des traits tremblés par exemple.

Pensez à faire un transparent d’introduction et un de conclusion, surtout s’il n’y a rien de tel dans le document.

Le texte vous paraîtra un peu difficile, car faisant appel à des notions qui, pour certaines d’entre elles, dépassent le programme, sans excessive progressivité. C’est sur de tels sujets que l’on peut faire la différence avec ses petits camarades.

► Donnez une "touche perso"

Il est bien vu, à condition que ce ne soit pas dit mal à propos, d’émailler sa présentation de remarques telles que : "Cela m’a fait penser à ce que l’on a vu cette année en Physique", ou bien "Il y a là une connexion avec mon sujet TIPE que nous verrons tout à l’heure" (c’est très possible !) ou encore "J’avoue ne pas avoir très bien saisi ce passage" ou même, dans certains cas, "Je ne suis pas tout à fait d’accord avec le texte à cet endroit car… » (il faut argumenter correctement).

► Règle absolue : appliquer l’adage "la parole vole, les écrits restent" autrement dit s’appuyer constamment sur des transparents.

► Ne dites rien qui ne soit pas, peu ou prou, sur transparent.

Il est suicidaire de ne pas faire de transparents. L’expérience prouve qu’un candidat se contentant de commenter le texte hésite beaucoup plus, et son exposé "coule" sur le jury sans vraiment l’imprégner …

En particulier, ne vous lancez jamais dans de grandes explications d’une partie du texte que vous n’auriez pas résumée sur transparent, ne serait-ce qu’un peu.
L’effet sur les examinateurs d’un candidat ayant les feuillets de l’ADS à la main, qui commente en ânonnant le texte avec un seul transparent de plan est désastreux.
Pourquoi ? Parce que le jury a un mal terrible à suivre, a fortiori à mémoriser, de l’oral pur.

Du coup, dans les cinq petites minutes dont disposent les membres du jury à la fin de vos exposés pour l’attribution de la note, ils auront plus de mal à se souvenir des détails de votre prestation que si des traces écrites avaient été "imprimées" dans leur esprit.

Quelques "trucs" pour la réussite de l’épreuve orale TIPE (sujet C) : mettre le plus possible d’atouts dans son jeu.

Les transparents

On estime qu’un temps raisonnable de lecture et/ou commentaire pour un transparent est d’une minute et demi à deux minutes . Leur qualité est beaucoup plus importante que l’on ne croit.

En effet le jury suppose - ce qui est vrai - que vous avez eu tout le temps pour les peaufiner : il va avoir un regard plus critique sur la qualité de ces transparents. S’il fallait un barème, disons que cela peut jouer sur 2 ou 3 points sur 20 (le contenu scientifique, la manière dont le candidat s’est approprié le sujet, la manipulation et/ou la programmation informatique, tout ce travail valant la fraction essentielle du 17 ou 18 sur 20).

Comptez 5 à 8 transparents, plutôt en format « paysage », plus agréable à lire.

  • Une même police si possible (Times New Roman est un grand classique, mais Arial, Helvetica, Verdura ne sont pas mal non plus).
  • Taille de la police  : visez le 20. Ne descendez pas en dessous de 16. Ne craignez pas le gras qui assure une meilleure lisibilité.
  • Fuyez le souligné et l’italique (si voulez du mal au jury, écrivez en gothique italique souligné.).
  • Nombre de lignes  : au plus 10, débutant par une "puce" si possible.
  • Couleur de la police  : cantonnez-vous au noir, cela a l’avantage de se détacher sur tous les fonds.
  • Les fonds de diapos  : si vous y tenez, mettez un fond très discret mais d’une manière générale cela n’apporte rien, au contraire. Réservez en principe la couleur aux images, souvent extraites d’Internet ou des schémas que vous aurez réalisés.

Sur le transparent final, faites figurer la bibliographie/webographie avec les références les plus complètes.
Pour un ouvrage : titre, auteur(s), éditeur, année de parution.
Pour un site internet : son URL mais aussi une ligne de commentaires.
Pour les contacts : le nom de la personne, son laboratoire, la date de rencontre.

Le Style de votre français

► Ecrit 

Phrases courtes, sans nécessairement de verbe conjugué.
Exemple : « - Le besoin d’un bon appareillage », « - Tester le matériel ».
Pour l’orthographe, passez le correcteur !!

► Oral

Faites des phrases courtes mais cette fois-ci avec un verbe ! Choisissez des mots simples.
S’il y a du vocabulaire spécialisé, l’expliquer (éventuellement sur un transparent spécifique).
Pensez aux enchaînements notamment lors des changements de transparents tels que : « ce que nous venons de voir doit être repris autrement ».
Pensez à structurer votre discours en utilisant à bon escient les « mots de transition » : « or », « donc », « cependant », « toutefois », « notamment », en liaison avec le reste de votre prestation.

Le minutage

Il constitue l’un des éléments importants d’appréciation du jury, essayez de coller le plus possible au temps imparti de 10 minutes :

  • Si vous avez terminé au bout de 8 minutes, ne vous arrêtez pas, trouvez quelque chose à dire !
  • 9 minutes 30 secondes : pas trop grave.
  • 10 minutes pile : super.
  • 10 minutes 30 : passe encore.
  • 11 minutes : le jury vous interrompra, comme c’est l’usage. C’est un mauvais point mais pas catastrophique.

Pour ne pas arriver à cette extrémité :

  • Répétez plusieurs fois votre discours à vos meilleurs amis/ennemis et à votre famille. Faites au moins deux répétitions dans les conditions de l’épreuve, c’est-à-dire chronométrées : l’une avec l’un de vos professeurs, l’autre avec des "naïfs", des personnes qui peuvent ne pas être scientifiques du tout.
  • Avoir une mini pendulette (à amener !) le jour de l’épreuve : le jury trouvera cela plutôt bien.

En fait, le jour de l’épreuve vous devriez avoir le bon timing sans forcément avoir les yeux rivés sur l’horloge.

Par cœur ou pas par cœur ? : le pour et le contre.

Le problème ne se présente pas tout à fait comme cela : si vous avez eu le temps de faire plusieurs répétitions, comme il a été dit plus haut, vous devriez être proche du "par coeur".

C’est aussi une question d’équation personnelle  : certains se sentiront plus à l’aise avec des petites fiches aide mémoire qu’il est tout à fait possible d’utiliser à l’oral. Cela rassure, quitte à ne pas les utiliser, mais vous pouvez les consulter de temps en temps, via un bref coup d’oeil, style présentateur télé.

Les examinateurs vous jugeront positivement ("Voila un/une candidat(e) qui a pris au sérieux son épreuve").

A éviter : un texte préparé avec toutes les phrases à dire : si vous vous mettez à le lire, et le risque est grand, surtout si vous paniquez, l’effet sera désastreux. En lisant vous êtes incapable de commenter de manière vivante vos transparents, et votre note s’en ressentira.
Pour terminer avec cette question, ne cherchez pas à apprendre par coeur : il y a un sérieux risque de donner l’impression de "perroquet".

Le rythme : surtout pas trop rapide

Ne cherchez pas à en dire trop : vous indisposez le jury en le "saoulant" de paroles.
Si vous êtes d’une nature plutôt bavarde, restreignez-vous !

Un test : si vous arrivez essoufflé(e) au terme de votre exposé, c’est mauvais signe (en répétition, votre assistance ne manquera pas de vous le dire).

Le truc : ménagez dans votre exposé des périodes de silence de quelques secondes, lors de changements de paragraphe dans votre plan par exemple.

Profitez en pour inspirez profondément et repartez : le jury respirera aussi  !

La prononciation : Ar-ti-cu-lez

Utilisez les règles données aux acteurs de théâtre pour pouvoir être entendu intelligiblement jusqu’au dernier rang : la bouche tournée vers l’auditoire, grande ouverte pour que le son sorte mieux, en exagérant les mouvements des muscles faciaux.

Ne craignez pas le ridicule, au contraire, les examinateurs vous seront gré de leur permettre de tout entendre (sinon comprendre).

La tenue : avant tout propre

Le jury ne se formalisera pas le moins du monde si vous êtes en jeans baskets, mais évitez le jeans troué et/ou le débardeur provoquant. Les filles ne doivent pas se croire obligées d’être en tailleur, ni les garçons en costume cravate. Soyez vous-même. Mais passez au besoin chez le coiffeur.

Les dix autres minutes : la partie Questions

Une règle générale : dîtes la vérité (c’est le cas pour l’immense majorité des candidats : rares sont ceux qui "bluffent").

Premièrement, c’est une éthique de vie, et par-dessus le marché, c’est payant. Fuyez tout autant les demi-vérités ou les trois-quarts de mensonges : le jury peut être assez inquisiteur s’il sent une contradiction.

Quelques questions hyper classiques

« Ce travail a-t-il été fait en binôme ? Si oui, comment vous êtes vous organisés ? »
Un type de réponse un peu standard, à moduler : "oui, nous avons travaillé à raison de tant d’heures par semaine, et à partir de décembre mon/ma camarade a fait plutôt telle partie." ou bien « nous avions déjà commencé à travailler en première année sur un sujet voisin. ».

« Avez-vous été aidé ? » (Si rien dans votre exposé n’a été indiqué)

Une réponse possible : "oui, par mon professeur de Physique, qui a mis tel type de matériel à ma disposition.".

« Pourquoi n’avez vous pas cherché à monter une expérience (ou écrit un programme informatique) correspondant à ce que vous nous avez exposé ? »

Des réponses possibles, peut-être peu convaincantes : "il m’aurait fallu un scintillateur (ou un accélérateur de particules ou un ordinateur superpuissant.)".

« Vous dites avoir communiqué avec ce chercheur : de quelle manière, pourquoi pas avec d’autres ? »

Une réponse possible : "Par mail, c’est lui qui m’a indiqué telle référence. Je n’ai pas recherché d’autres personnes parce que ce document, qui était une thèse, était très complet." ou « Oui, nous avons passé une journée dans son laboratoire et. ».

« Dans vos références Internet, est ce que ce site vous semble fiable ? »

Réponse(s) possible(s) : "il s’agit du site d’une société : elle a donc une tendance naturelle à vanter ses produits comme étant les meilleurs du marché" ou bien "c’est le site personnel d’un étudiant. Il est possible que la méthode qu’il propose comme étant la voie à suivre ne soit pas forcément la meilleure, par contraste avec un universitaire qui a l’habitude de comparer les méthodes entre elles".

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